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Journal de bord #1 :
en temps utiles
Nous privilégions, dans nos modes d'actions, de soigneusement éviter vitesse et précipitation.
Nous avons lancé nos premières initiatives, il y a maintenant plus 10 mois. Et puis, nous avons pris le temps. Ce temps a pu apparaitre trop long à certains, invisible à d'autres. Une chose est sûre, il était nécessaire.  Nécessaire pour comprendre ce qui fonctionnait et comprendre ce qui devait être approfondi. Et notamment il nous est apparu que la question des manières de faire, des méthodes étaient déterminantes si nous souhaitions arriver à bon port.

Écouter – Comprendre – Digérer – Intégrer – Réajuster.

Notre méthode était déjà intuitivement posée dans nos premières actions et premières publications. Mais nous avons estimé qu’il nous fallait l’affiner. C’est chose faite.

Si vous n’avez pas de registre de valeurs clair et des convictions affirmées, cela reviendrait à piloter au doigt mouillé sans bien savoir où l’on va : on vogue là où le vent nous mène.

C’est pourquoi, il nous est apparu utile, d’encadrer notre action par un texte « fondateur » (les valeurs qui nous fondent) au sens où il pose les fondations (et les fondamentaux) de notre manière de voir le monde et la ville.

Une méthode testée en conditions réelles.

Et nous avons dû commencer par mettre cette méthode à l’épreuve du réel.
Autour de nous, d’autres initiatives sont apparues. Et c’est une bonne chose pour l’exercice démocratique. Mais c’est aussi une bonne chose pour notre propre cheminement : cela oblige à approfondir ses approches, à être plus exigeant dans ses raisonnements, à clarifier ses positions.
Des personnes, que nous avons jusqu’à présent accompagnées, ont eu à cœur de monter « leur » initiative à la suite de la création de illac en commun. Ce qui est parfaitement légitime. Issus de la liste défaite présentée par Jacques Fergeau en 2014, certains des ses initiateurs siègent actuellement dans l’opposition municipale. Ils ont à cœur de créer une liste pour les prochaines municipales de 2020, s’inscrivant dans une filiation parfaitement entendable, de succession à une histoire qui se poursuivrait, permettant de jouer le round suivant d’un affrontement qui se réitère depuis les années 2000.
Sollicités par leurs initiateurs, passée une forme d’étonnement, nous avons fait le choix de prendre du temps : pour écouter, pour comprendre, pour digérer, pour intégrer puis pour réajuster. Un temps utile. Et dont nous avons fait bon usage.

Ce faisant, cet épisode comme il y en aura tant d’autres dans les mois et les années qui viennent, nous l’avons utilisé pour être davantage précis dans notre démarche:

  • oui, tant sur le fond (le contenu politique) que sur la forme (l’exercice autoritaire du pouvoir), nous avons de très nombreux désaccords avec la manière dont Hervé Seyve administre notre ville. Mais le « tout-sauf-Seyve » ne fait pas une ligne politique, et ne dit rien des valeurs qu’on entend promouvoir. Au mieux cela conduit à agréger des colères, parfois (et même souvent) contradictoires. Ce que nous devons proposer aux illacais n’est pas de voter contre (une personne) mais de s’engager pour (un projet). On voit d’ailleurs aujourd’hui les effets du vote Macron contre Le Pen en termes de déception et de colère.
  • oui, nous pensons qu’il faut sortir d’un bégaiement de l’histoire pour notre ville, et d’arrêter de jouer mandat après mandat le énième round d’un même combat. Nous pensons que Saint-Jean-d’Illac mérite mieux que ces débats et affrontements d’une époque révolue. Les successions ne permettent jamais de tourner la page et elles sont en tout point contraires à l’esprit démocratique qui devrait prévaloir pour nos institutions. Alors nous choisissons de nous inscrire dans l’avenir de notre ville plutôt que dans l’histoire résiduelle et révolue de quelques individus.
  • oui, nous pensons que nous devons renouveler les pratiques politiques : lors de nos échanges, il nous a été expliqué que les bonnes manières auraient voulu que illac en commun consulte d’abord et de manière privilégiée les élus d’opposition qui doivent être au cœur de toute initiative.  Nous pensons que l’émergence d’un projet ne doit pas être constituée prioritairement autour d’élus parce qu’ils auraient privilèges et prérogatives, mais autour d’idées, de convictions et de valeurs qui fédèrent : cela permet de construire une proposition claire politique, fondée sur des bases saines éthiquement. Et cela n’empêche en rien de travailler avec toutes celles et ceux qui le souhaitent. Y compris des élus d’opposition. Sans les privilèges et en bénéficiant de leur expérience. C’est juste une question d’égalité de droits et de statuts entre tous les citoyens.
  • oui, nous pensons que faire une proposition claire pour les illacais est une nécessité:  or il ne suffit pas d’être contre une personne de droite pour construire un projet de gauche.

Notre journal de bord se devait de partager cette clarification. Notre objectif est clairement posé: écrire une nouvelle page pour les illacais.

Être utile dès maintenant

Susciter l’implication :

  • être clairs et transparents vis-à-vis des illacais : nous avons pour cela précisé les valeurs qui nous fondent. Un texte ramassé qui précise, sous forme de préalable, ce qui nous permet de fabriquer, de proposer et d’agir ensemble. Chacun sait d’où nous parlons. Celles et ceux qui veulent s’impliquer ne sont pas dans le flou.
  • être équitables avec chacun : pas de privilégiés, pas de messie incarné, chacun sur pied d’égalité. Il ne s’agit pas de suivre une individualité, mais de permettre à chacun de s’impliquer.
  • être ouverts et inclusifs : sur la base des valeurs partagées, illac en commun entend inclure ceux qui souhaitent s’impliquer. Et les promouvoir pour aller plus loin. Il ne s’agit pas de s’accaparer des intuitions, des idées et des propositions de ceux qui s’impliquent. Il s’agit d’agencer ces contributions et de valoriser ces contributeurs. Il ne s’agit pas non plus d’accueillir des gens dans le seul but de remplir une liste. Il s’agit de construire un collectif, dont on augmente le pouvoir d’agir afin qu’émergent alors un projet et des personnes pour le porter.
  • être attentifs et vigilants : nous sommes particulièrement concernés par ceux qui ne prennent jamais la parole, ceux auxquels on la laisse rarement, ceux dont on demande la voix mais dont on n’écoute jamais les mots. Il s’agit même de l’une de nos priorités : tant du point de vue éthique que politique. Une ville ne doit plus se penser avec les 50 hyperactifs de la vie municipale prétendant agir pour le bien des autres. Il nous faut penser avec celles et ceux qui vivent la ville et qui parfois la subissent. 95% des citoyens ignorent les décisions qui sont prises en leur nom, ignorent la date pour ne pas dire l’existence d’un Conseil Municipal tant on a fini de les convaincre que cela ne les concernait pas ou plus.

Rendre possible la participation:

  • diversifier les modes de participation : horaires décalés, emploi éloigné, vie surchargée, famille à gérer… voilà le lot de beaucoup (pour ne pas dire une majorité) d’illacais. Tous ceux là, sont les premiers concernés par la vie de la ville, le fonctionnement des services publics, le prix de la cantine, l’absence de moyens de transports, le coût de la vie, etc… et pourtant ce sont ceux qui ont le moins de temps à consacrer à dire ce qu’ils veulent. Il en résulte, mécaniquement, une sur-représentation des professions libérales, des agents de la fonction publique et des retraités. Les autres sont relégués, et parfois même avec un discours moralisateur du genre « quand on veut on peut » voire « ne venez pas vous plaindre ». C’est pourquoi nous faisons le choix de permettre des modes d’implication diversifiés : en présentiel et en ligne, en simultané et en décalé.
  • impliquer sans enrôler : pour cela, chacun peut choisir son mode d’implication, son niveau d’engagement. Ainsi nous avons imaginé des rôles pour chacun, libérant les possibilités de participation : c’est ce que nous détaillons dans l’article « ils fabriquent le illac de demain ».
  • éclairer la réflexion collective : rien n’est pire que quelqu’un qui vient proposer des idées et qui s’entend répondre : « on ne peut rien faire, ce n’est pas dans nos compétences » ou « on n’a pas les moyens de financer ». Mêmes si des réalités s’imposent pour imaginer un projet, rien ne vaut un éclairage pour comprendre : le fonctionnement d’un budget municipal, les compétences d’une commune, les moyens innovants d’agir, …
  • donner du crédit à chaque contribution : chaque idée mérite d’être approfondie : éclairés par les compétences partagées, solides et cohérents sur nos valeurs et nos convictions, tout est permis en terme de créativité !

Vous le voyez, les temps de maturation sont toujours des temps utiles.

Et pour bien commencer l’année, vous pouvez déjà noter notre première édition de « illac en action », les ateliers contributifs de illac en commun : le 19 janvier 2019 à 10:30 !

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